Cloud & Cyber Security Expo 2026 : les rendez-vous annoncés à Paris

Comment protéger ses données tout en ouvrant de nouveaux usages de l’IA ? Les 18 et 19 novembre 2026, Cloud & Cyber Security Expo Paris réunira responsables informatiques, spécialistes de la cybersécurité et fournisseurs autour de questions qui occupent déjà les entreprises.

L’IA et la cybersécurité au cœur des échanges

Le programme publié par l’organisateur fait dialoguer deux préoccupations : l’accélération des attaques et la sécurisation des usages de l’intelligence artificielle. Raphaelle Gauriau, de la RATP, et Tony Ghilain, de Decathlon, sont notamment annoncés pour un débat sur la vitesse à laquelle évoluent les menaces et les capacités de défense.

D’autres sessions se rapprochent du quotidien des équipes : connecter une IA aux fichiers de l’entreprise, maîtriser les accès aux contenus ou encadrer les usages qui se développent en dehors du regard de la DSI. Pour qui travaille sur la gestion documentaire et l’IA, ce sont des échanges à repérer dans son parcours de visite.

Souveraineté, conformité, résilience : des discussions de fond

Le salon abordera aussi les dépendances numériques et les choix qu’elles imposent aux organisations. Parmi les intervenants annoncés sur ces sujets figurent des représentants du ministère des Armées, de la Cour de cassation et de l’IGN.

Les textes européens NIS2 et CRA auront également leur place au programme, avec une session sur leurs conséquences pour la conception des systèmes. Ces rendez-vous permettront de suivre les débats européens ; ils ne constituent pas, à eux seuls, un mode d’emploi réglementaire pour une entreprise marocaine.

Enfin, les retours d’expérience sur la gestion d’incident apporteront un autre éclairage : celui des équipes confrontées aux décisions de crise et aux changements qu’elles ont engagés ensuite.

Des conférences, mais aussi des rencontres avec les acteurs du secteur

Entre deux prises de parole, les visiteurs pourront découvrir les offres d’acteurs du cloud, de la protection des données et de la cybersécurité. L’organisateur présente notamment ManageEngine, Chrome Enterprise, NinjaOne, Thales et Keepit parmi les exposants.

C’est l’occasion de poser ses questions directement, de comparer les approches et de prolonger une conférence par un échange autour d’un projet. Les DSI, RSSI et responsables métiers pourront ainsi composer leur visite selon leurs priorités, plutôt que de suivre un parcours unique.

Cinq salons pour élargir la visite

Cloud & Cyber Security Expo s’inscrit dans Tech Show Paris, aux côtés de Cloud & AI Infrastructure, DevOps Live, Data & AI Leaders Summit et Data Centre World. Un même badge donne accès aux cinq salons.

Cette proximité permet de passer d’un débat sur la sécurité à une discussion sur les données, l’IA ou les infrastructures. Pour les dirigeants et équipes marocaines qui prévoient le déplacement, le programme constitue donc un bon point de départ pour sélectionner quelques conférences et organiser les rencontres utiles à leurs projets.

Préparer votre visite

Le rendez-vous est fixé aux 18 et 19 novembre 2026 à Paris Expo Porte de Versailles. Le site de Tech Show Paris permet de consulter les conférences, les exposants et les modalités d’inscription. L’accès gratuit est réservé aux professionnels d’entreprises utilisatrices de solutions ; certains profils chez les fournisseurs sont soumis à des frais. Vérifiez les conditions correspondant à votre profil lors de l’inscription. Le programme peut évoluer d’ici l’événement.

Programme et informations utiles

Vague de compromissions WhatsApp au Maroc : ce que révèle CVE‑2026‑86950 et comment reprendre le contrôle de son compte

Alerte cybersécurité · Maroc · 2026

Des utilisateurs et des entreprises marocaines signalent des pertes d’accès à des comptes WhatsApp et WhatsApp Business, parfois accompagnées d’un changement d’adresse e-mail ou d’une modification des administrateurs.

Cette situation mérite une réponse structurée : la vulnérabilité Apple CVE‑2026‑86950 existe bien et a pu être exploitée dans des attaques ciblées, mais elle n’explique pas à elle seule la majorité des prises de contrôle de comptes.

Ce que nous avons vérifié côté DGSSI et maCERT

Au moment de cette vérification, nous n’avons pas trouvé sur le site officiel de la DGSSI un bulletin explicitement consacré à CVE‑2026‑86950. En revanche, la DGSSI/maCERT a déjà publié plusieurs alertes officielles liées à WhatsApp et aux attaques distribuées par des fichiers ou des messages :

  • un bulletin de septembre 2025 sur une vulnérabilité critique affectant WhatsApp sur iOS et Mac ;
  • un bulletin d’avril 2025 sur une vulnérabilité de WhatsApp pour Windows ;
  • une note de novembre 2025 sur le logiciel espion Android LANDFALL, dont la diffusion pouvait passer par des médias reçus via des applications telles que WhatsApp.

La note LANDFALL recommande notamment de maintenir les terminaux à jour, de restreindre le traitement des fichiers provenant de sources inconnues et de signaler les activités suspectes au maCERT. La DGSSI indique comme point de contact maCERT : contact@macert.gov.ma. Pour les incidents relevant de leur périmètre, il faut conserver les éléments de preuve et suivre la procédure officielle de déclaration.

Bulletin DGSSI sur WhatsApp iOS/Mac · Note DGSSI sur LANDFALL · Coordonnées DGSSI/maCERT

La note ANSSI/CERT-FR sur le ciblage des messageries

Une note officielle française publiée par le CERT-FR, dans le cadre du Centre de Coordination des Crises Cyber (C4), complète utilement les alertes marocaines. Elle ne décrit pas une nouvelle faille WhatsApp : elle décrit une méthode de prise de contrôle qui détourne des fonctions normales des messageries.

Les attaquants se font passer pour un support technique ou pour un contact connu. Ils demandent parfois de rejoindre un groupe en scannant un QR code. Or ce QR code peut associer le compte à un appareil contrôlé par l’attaquant. Dans un autre scénario, la victime répond à un faux support et communique un code PIN ou un code de vérification. L’attaquant peut alors modifier les paramètres du compte, parfois sans que la victime perde immédiatement l’accès.

Cette note est utile pour comprendre les incidents observés au Maroc : un compte peut être détourné sans casser le chiffrement et sans infecter le téléphone. C’est l’identité du compte et ses appareils associés qui sont compromis. Le CERT-FR recommande de vérifier régulièrement les appareils associés, de supprimer ceux qui sont inconnus, de ne jamais scanner un QR code reçu de manière inattendue et de passer par un autre canal pour vérifier une demande urgente.

Lire la note CERT-FR/ANSSI du 20 mars 2026

CVE‑2026‑86950 : une faille réelle de CoreGraphics

Apple a corrigé CVE‑2026‑86950 dans iOS et iPadOS 26.7.1, publiés le 28 septembre 2026. La faille se trouve dans CoreGraphics, le composant qui rend notamment le texte, les glyphes, les PDF et les images. Apple décrit une écriture hors limites pouvant conduire à l’exécution arbitraire de code lors du traitement d’un fichier malveillant.

Apple précise aussi avoir connaissance d’un rapport selon lequel la faille aurait pu être exploitée dans une attaque « extrêmement sophistiquée » contre des personnes ciblées utilisant des versions antérieures à iOS 27. Cela justifie une mise à jour immédiate, en particulier pour les personnes exposées : dirigeants, journalistes, responsables publics, administrateurs, chercheurs et équipes manipulant des informations sensibles.

La fiche NVD associe la faiblesse à CWE‑787 (écriture hors limites) et affiche une évaluation CISA‑ADP de 8,8/10. Les versions corrigées minimales sont iOS/iPadOS 26.7.1, macOS Sequoia 15.8.1 et macOS Tahoe 26.7.1. Il faut installer la version la plus récente proposée par Apple, et pas seulement le seuil minimal.

Avis Apple iOS/iPadOS 26.7.1 · Avis Apple macOS Sequoia 15.8.1 · Fiche NVD CVE‑2026‑86950

Pourquoi le nom « Great Glyph Grift » revient

L’analyse technique publiée par Calif décrit un défaut dans le rasteriseur anti‑aliasé des glyphes. CoreGraphics convertit des coordonnées flottantes en coordonnées entières fixes, avec une précision de 1/4096. Certaines valeurs extrêmes dépassent la plage d’un entier signé 32 bits. Deux chemins internes convertissent alors différemment la même valeur.

La boîte englobante du glyphe peut ainsi être calculée trop petite. CoreGraphics réserve un tampon de couverture insuffisant, puis écrit au-delà de cette zone lors du rendu. Calif a publié un PDF et une police TrueType spécialement construits qui provoquent un crash sur macOS et iOS. Le passage de ce crash à une exécution de code fiable n’est pas démontré publiquement dans cette analyse.

Lire l’analyse technique de Calif

Le chemin WhatsApp « zero‑click » est-il confirmé ?

Non, pas comme chaîne complète. La piste est techniquement crédible, mais elle doit être formulée avec prudence.

Calif a étudié deux versions récentes de WhatsApp et observé un renforcement de l’analyse des PDF dans le composant Kaleidoscope de Meta. Le code inspecte notamment les flux de polices intégrées (FontFile) et attribue des indicateurs tels que MalformedFontProgram, UndecodableFontProgram et UnverifiedFontProgram. Ces changements montrent que les pièces jointes PDF et les polices embarquées sont considérées comme une surface de risque.

Le scénario possible serait le suivant : un attaquant envoie un PDF malveillant ; WhatsApp tente d’en générer une miniature ou une prévisualisation ; CoreGraphics rend le glyphe ; la corruption mémoire se produit avant que l’utilisateur ouvre explicitement le document. Mais il faut encore démontrer la chaîne complète, son exploitation fiable et son éventuel contournement des protections iOS et WhatsApp.

Conclusion : la CVE doit être corrigée immédiatement, mais elle ne prouve pas que tous les comptes WhatsApp sont compromis et elle ne permet pas d’attribuer automatiquement la vague de prises de contrôle observée au Maroc.

Pourquoi un compte WhatsApp Business peut être perdu sans exploiter cette CVE

Vol du code d’inscription

L’attaquant obtient le code SMS ou vocal à six chiffres, souvent en se faisant passer pour WhatsApp, Meta, un opérateur ou un collègue. Il réenregistre alors le numéro sur son appareil. WhatsApp indique que cette réinscription déconnecte les appareils précédemment connectés.

Vérification en deux étapes remplacée

Après la prise de contrôle, l’attaquant peut ajouter son propre PIN ou mot de passe de vérification en deux étapes et associer une adresse e-mail qu’il contrôle. La victime peut ensuite être bloquée par un code qu’elle n’a jamais configuré. WhatsApp prévoit un délai de sept jours dans certains cas avant de pouvoir réinitialiser cette protection.

Compte e-mail ou session déjà compromise

Si l’adresse e-mail de récupération, le téléphone, WhatsApp Web ou l’ordinateur d’un administrateur est compromis, l’attaquant peut intercepter les codes et modifier les paramètres. Changer un mot de passe ne suffit pas toujours à supprimer une session déjà active.

Meta Business Manager ou WABA compromis

Pour WhatsApp Business Platform/API, il faut aussi vérifier le portefeuille Meta Business, les administrateurs, les utilisateurs système, les jetons API et les webhooks. Un changement d’e-mail peut concerner la couche d’administration Meta plutôt que le compte WhatsApp installé sur le téléphone.

SIM swap, perte de numéro ou appareil infecté

Un remplacement frauduleux de SIM, un transfert d’appel, un téléphone volé ou un logiciel espion peuvent permettre de recevoir les codes ou d’exploiter une session déjà ouverte.

Sécuriser immédiatement un compte encore accessible

Si WhatsApp est encore ouvert sur votre téléphone, ne vous déconnectez pas et ne supprimez pas l’application. Ces quatre actions réduisent le risque tout en conservant les traces utiles.

Réflexe AILAB · les 4 gestes immédiats

01

Stopper l’exposition

Mettez l’appareil en pause, ne répondez plus aux demandes inhabituelles et ne scannez aucun QR code reçu par message. Vous évitez d’aggraver l’incident.

02

Fermer les accès inconnus

Ouvrez Appareils liés et sessions Meta, capturez la liste, puis supprimez seulement les appareils ou administrateurs que vous ne reconnaissez pas.

03

Renforcer l’identité

Activez la vérification en deux étapes avec un PIN unique, une adresse e-mail maîtrisée et, pour Meta, une MFA ou une passkey.

04

Alerter et surveiller

Prévenez les contacts par un autre canal, conservez les notifications et contrôlez à nouveau les appareils liés après quelques heures.

À ne pas faire : ne communiquez jamais un code reçu par SMS, ne désinstallez pas l’application avant d’avoir conservé les preuves et ne réinitialisez pas le téléphone avant d’avoir évalué le besoin d’une analyse.

Procédure d’urgence pour récupérer un compte

Suivez ces étapes dans l’ordre. Elles servent à reprendre la main tout en préservant les éléments utiles à l’analyse.

  1. Sécuriser le numéro : contacter l’opérateur, vérifier un éventuel remplacement de SIM et récupérer la même ligne.
  2. Réenregistrer le numéro : ouvrir WhatsApp sur un appareil sûr et saisir le code reçu par SMS ou appel.
  3. Attendre si nécessaire : si un PIN inconnu est demandé, suivre le mécanisme officiel et attendre le délai indiqué plutôt que multiplier les tentatives.
  4. Examiner les appareils liés : supprimer toute session inconnue.
  5. Sécuriser l’e-mail : changer le mot de passe depuis un appareil sain, activer une MFA forte, révoquer les sessions et vérifier les règles de transfert.
  6. Sécuriser Meta Business : supprimer les administrateurs inconnus, révoquer les jetons API et vérifier les webhooks, numéros et moyens de paiement.
  7. Prévenir les contacts : informer les clients et collègues que les messages envoyés pendant la compromission peuvent être frauduleux.
  8. Préserver les preuves : conserver les notifications, e-mails, captures et horodatages avant de réinitialiser un appareil.

Ne communiquez jamais le code d’inscription à un tiers. WhatsApp rappelle que la récupération passe par le réenregistrement du numéro et recommande ensuite d’examiner les appareils liés et d’activer les protections de sécurité.

WhatsApp : récupérer un compte compromis · WhatsApp : codes e-mail et réinitialisation de la vérification en deux étapes

Remédiations détaillées selon le scénario

Si le compte est encore ouvert sur le téléphone

Ne désinstallez pas immédiatement l’application. Faites des captures des paramètres, des appareils liés, des changements de profil et des notifications reçues. Supprimez ensuite tout appareil inconnu depuis la rubrique des appareils associés, activez la vérification en deux étapes et ajoutez une adresse e-mail de récupération que l’entreprise contrôle.

Si l’accès au compte est perdu

Commencez par sécuriser le numéro auprès de l’opérateur. Demandez si une nouvelle SIM, un transfert d’appel ou une portabilité récente a été demandé. Une fois la ligne récupérée, réenregistrez le numéro dans WhatsApp avec le code reçu par SMS ou appel. Cette étape déconnecte les appareils de l’attaquant. Si un PIN inconnu est demandé, n’essayez pas de le deviner : suivez le délai de récupération officiel.

Si l’adresse e-mail a été changée

Sécurisez l’e-mail depuis un appareil sain : nouveau mot de passe unique, authentification multifacteur, révocation de toutes les sessions, contrôle des règles de transfert et des adresses de récupération. Recherchez les messages de sécurité WhatsApp, Meta et de l’opérateur. Une boîte e-mail compromise peut permettre à l’attaquant de reprendre le compte après sa récupération.

Si WhatsApp Business Platform ou WABA est utilisé

Dans Meta Business Manager, contrôlez les administrateurs ayant le contrôle total, les utilisateurs système, les jetons API, les webhooks, les fournisseurs connectés, les numéros et les moyens de paiement. Révoquez tout accès inconnu, recréez les jetons nécessaires et conservez les journaux avant nettoyage. Faites intervenir le support Meta Business avec l’ID du portefeuille, l’ID WABA, le numéro concerné et les dates des modifications.

Si un QR code ou un faux support est impliqué

Considérez le compte comme potentiellement associé à un appareil tiers. Prévenez les contacts par un autre canal, demandez-leur d’ignorer les messages envoyés pendant la période suspecte et vérifiez les groupes où un doublon ou un nouveau profil apparaît. Aucun support légitime ne demande un code d’inscription ou un PIN dans une conversation WhatsApp.

Si l’appareil Apple ou Android est suspect

Mettez à jour le système et WhatsApp, activez le verrouillage de l’appareil et, pour les personnes fortement exposées, le mode Isolement Apple. Évitez de réinitialiser le téléphone avant d’avoir sauvegardé les éléments utiles à l’analyse. Pour une entreprise, isolez l’appareil du réseau professionnel et faites réaliser une analyse par un prestataire qualifié.

Pour l’entreprise

Établissez une procédure écrite : qui récupère le numéro, qui contacte Meta, qui informe les clients, qui révoque les jetons et qui conserve les preuves. Maintenez deux administrateurs de récupération contrôlés, séparez les comptes personnels des comptes d’administration, imposez la MFA et vérifiez les appareils associés à intervalles réguliers.

Mesures pour les entreprises marocaines

  • imposer une version Apple et WhatsApp à jour sur les téléphones professionnels ;
  • activer MFA et passkeys pour les administrateurs Meta ;
  • séparer les comptes d’administration et les comptes personnels ;
  • maintenir au moins deux administrateurs de récupération, avec contrôle périodique ;
  • inventorier les appareils liés et les jetons API ;
  • former les équipes : aucun support légitime ne demande un code reçu par SMS ;
  • prévoir une procédure de révocation, récupération et communication de crise ;
  • signaler les incidents au maCERT lorsque le périmètre et la gravité le justifient.

À retenir

CVE‑2026‑86950 est une vulnérabilité Apple sérieuse, corrigée et potentiellement exploitée dans des attaques ciblées. La piste d’un PDF WhatsApp traité automatiquement est plausible mais reste à distinguer d’une preuve de chaîne zero‑click complète. Pour les pertes d’accès observées au Maroc, les causes les plus probables restent le vol de code, le SIM swap, la compromission d’un e-mail, d’une session liée ou d’un administrateur Meta Business.

La priorité est double : corriger les appareils et reprendre le contrôle de l’identité numérique — numéro, e-mail, sessions liées, administrateurs et jetons API.

Pour aller plus loin

Transformer l’incident en capacité de preuve

Une compromission de compte révèle rarement un seul défaut. Elle oblige à relier identité, appareils, accès, décisions et traces conservées. Voici trois façons de poursuivre selon votre besoin.

Comprendre la preuveLes éléments à conserver pour rendre une décision vérifiable.
Préserver dans le tempsPourquoi une sauvegarde ne suffit pas à garantir la valeur probante.
Documenter une décisionRelier actions, pièces et responsabilités quand l’enjeu devient critique.
Démarrer le pré-diagnostic
Recevoir les prochains dossiers

Le pré-diagnostic aide à cartographier les accès, les preuves et les priorités de sécurisation. L’inscription e-mail permet de recevoir les prochaines analyses AILAB ; désinscription à tout moment.

Frigos à 50 °C : la cyberattaque qui a fait fondre les rayons d’Intermarché, Leclerc et Super U

Dans la nuit du 11 au 12 octobre 2026, des centaines de réfrigérateurs de supermarchés français se sont mis à chauffer. Pas à cause d’une panne : à cause d’une attaque. Selon les premières informations de la presse, des pirates auraient pris la main sur les régulateurs de froid de plusieurs enseignes, dont Intermarché, Leclerc et Super U, et poussé les consignes jusqu’à 50 °C. Résultat : des rayons entiers de produits frais et surgelés jetés.

Article rédigé le 12 octobre 2026, alors que l’enquête commence. Les chiffres sont provisoires : nous distinguons ce qui est confirmé de ce qui ne l’est pas, et nous mettons l’article à jour. Mise à jour du 12 octobre : alerte officielle du CERT-FR.

Ce qui s’est passé

  • Quand : dans la nuit du 11 au 12 octobre 2026.
  • Qui est touché : Intermarché, Super U (Système U) et E.Leclerc sont cités. Selon la presse, au moins 150 magasins Intermarché auraient dû jeter tout ou partie de leurs produits frais ; certains titres évoquent « des centaines » de supermarchés, sans bilan consolidé.
  • Comment : les attaquants auraient détourné la fonction de dégivrage des régulateurs de froid de marque Danfoss. Le dégivrage, normalement bref, aurait été forcé à environ 50 °C et ne se serait pas arrêté, ce qui a fait monter la température dans les meubles réfrigérés.
  • Les dégâts : « plusieurs millions d’euros » de denrées détruites selon BFM TV. À Haguenau (Bas-Rhin), des pertes d’environ 50 000 € pour l’Intermarché et 220 000 € pour le Super U ont été citées.
  • Réaction officielle : le président de Coopérative U, Dominique Schelcher, a confirmé une attaque contre les installations de production de froid de plusieurs magasins de son réseau, la qualifiant d’inédite et d’extrême gravité. La section cybercriminalité du parquet de Paris s’est saisie du dossier, selon les informations rapportées.

Ce que l’on sait, ce que l’on ne sait pas encore

La piste des failles Danfoss : un indice, pas une preuve

Deux mois plus tôt, le 9 août 2026, l’équipe de recherche Team82 de Claroty avait publié une étude sur les contrôleurs Danfoss AK-SM 800A. Elle décrivait trois vulnérabilités (CVE-2025-41450, CVE-2025-41451 et CVE-2025-41452) et recensait 2 765 interfaces de gestion exposées sur Internet. Danfoss avait publié des correctifs (versions 4.2 et R4.3.1).

Comment pirate-t-on un réfrigérateur ?

Un supermarché moderne ne gère plus son froid avec un simple thermostat. Des contrôleurs connectés pilotent les compresseurs, le dégivrage et les alarmes, et sont supervisés à distance, souvent par le frigoriste ou le prestataire de maintenance. C’est ce qu’on appelle la technologie opérationnelle (OT) : des équipements industriels qui, un jour, ont été reliés au réseau pour des raisons de confort, sans toujours être pensés pour résister à une attaque.

Une interface d’administration accessible depuis Internet, un mot de passe par défaut jamais changé, un correctif jamais appliqué : il suffit d’un de ces maillons. Et contrairement à un vol de données, l’effet est immédiat et physique.

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Le point que l’on oublie : la preuve

Quand des produits sont détruits, la question suivante est toujours : peut-on le prouver ? Sans dossier de preuve retrouvable, l’indemnisation et la responsabilité se discutent pendant des mois.

C’est exactement ce qu’apporte une gestion documentaire rigoureuse : des pièces rattachées à un dossier, horodatées, conservées et retrouvables le jour où il faut les produire. Voir notre expertise archivage électronique et GED et gestion documentaire.

Sources